À propos

Qui suis-je et pourquoi la photographie argentique?

Qui suis je?

Je m’appelle Yann Doumeix, j’ai 50 ans, je suis photographe amateur, mais aussi bibliothécaire et éducateur spécialisé. J’habite Paris. Je suis adhérent à l’association Objectif Image Paris. Ce groupement permet de rencontrer d’autres amateurs de photographie, mais aussi d’utiliser un laboratoire, une chambre noire. Ainsi, je suis autonome en ce qui concerne les travaux argentiques, développement et tirages.

https://oi-paris.com/

Pourquoi la photographie argentique?

Ce n’est que sur le tard, que j’ai saisi un appareil photo numérique. Ce n’était pas dans les pratiques familiales. Plus tard, un appareil photo argentique en main, un Lubitel, j’ai débuté dans un laboratoire, une chambre noire. J’ai mis les mains dans la chimie, éprouvé les mutations des matières, les odeurs, j’ai adoré ce temps là, cette découverte, ce rituel. La laboratoire, c’est un ventre de baleine. La photographie argentique pourrait apparaître comme une technique à rebours du temps. Je ne crois pas. Je pense qu’elle revient aux sources de la photographie, qui est « écrire avec la lumière », sur une surface sensible, une pellicule. Bien entendu, je ne renonce pas aux techniques modernes, à ce titre, j’utilise par exemple un scanner pour avoir une idée de la qualité des négatifs, avant de réaliser des tirages de lecture. Sans parler de technique, j’utilise des appareils 35mm et 120mm. Je ne travaille qu’en noir et blanc.

Une exposition marquante, celle de Robert Adams au Jeu de Paume en 2014. C’est à ce moment que j’ai été sensibilisé à la qualité d’un beau tirage.

Quels sont mes sujets favoris?

« Chaque image se referme sur ce qui a passé, et en même temps, c’est la bouche de l’ombre qui s’ouvre en grand. »

Denis Roche

Tout semble dit avec cette citation du photographe Denis Roche; les images photographiques montrent le temps qui passe, les images laissent sourdre une inquiétude.

Mes sujets favoris sont ceux qui appellent les sens. Une image, c’est parfois comme un fromage, ça se renifle, avant de se lire, non? La photographie se renifle parce qu’elle évoque des objets qui se sentent; oui, pensez-y. Sur Instagram, nous postons nos plus belles pizzas, c’est olfactif. Ensuite, la photographie se renifle, elle est sensorielle, organique, parce qu’elle est le résultat de processus chimiques. Surtout en photographie argentique.

Les images sont nourries de signes, de traces. Je propose des traces, des signes aux regardeurs éventuels.

Je fais aussi de la photographie parce que j’aime les images ratées. Si les images avec du grain, et un peu floues sont ratées, j’aime cela. Il faut lire le livre de Thomas Lélu pour enfin réussir ses photos ratées.

Garry Winogrand à dit qu’il faisait des photos pour voir à quoi ressemblent les choses et les gens en image. Je fais aussi partie de ces gens-là.

Mes sujets sont des paysages urbains, des paysages industriels, que je cherche à métamorphoser en un univers aux confins du poétique et du fantastique. La suburbia est un sujet sans fin.

Les objets, les formes, les matières, les textures. Je suis réjouis quand, dans une exposition, je prends connaissance d’un tirage reproduisant les textures, et les traduit en nuances de gris, avec du noir épais, presque collant, et du blanc, la clé des songes étant le grain.

Les sujets humains, les portraits, les »visages et les figures ». C’est particulier, de réaliser un portrait. Il faudrait que ce soit une rencontre, mais ce n’est pas toujours le cas.

Un point important

La photographie, sa pratique, un refuge, une clé pour comprendre le monde. Affublé d’un appareil photographique, je suis présent, mais distinct, je ne suis pas comme les autres, et je m’efface un peu. C’est facile de se réfugier derrière son appareil photo. Paradoxalement, c’est aussi un formidable outil de rencontre.

La photographie, c’est tenter de dire, d’exprimer ce qui ne peut pas être dit, ou de façon incomplète, par les mots.

Je propose cela, communiquer quelque chose de l’ordre d’un sentiment esthétique par une image.

Voilà, comme tout langage, la photographie est un terrain de jeu, alors jouons.

Dans un bar, rue Proudhon, Paris